Plantes et botanique

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Rosaceae, L.

Familles inclusesAlchemillaceae, Amygdalaceae, Annulaceae, Cercocarpaceae, Cliffortiaceae, Coleogynaceae, Drupaceae, Dryadeae, Fragariaceae, Lindleyaceae, Malaceae, Neilliaceae, Pomaceae, Potentillaceae, Prunaceae, Rhodotypaceae, Sanguisorbaceae, Spiraeaceae, Ulmariaceae

Description

Les Rosaceae sont une famille importante tant par le nombre d'espèces que par la diversité végétative et florale de ses représentants. Les fruits sont aussi très variés. C'est une famille que l'on peut définir comme le type moyen des Magnoliidae, et qui fournit un autre exemple de famille par enchaînement. C'est aussi une famille très importante pour l'homme, elle fournit notamment un très grande nombre de fruits consommés dans l'hémisphère nord.

Distribution

Carte de repartition des RosaceaeLes Rosaceae sont une famille quasi-cosmopolite , mais, contrairement à ce que l'on observe dans presque toutes les grandes familles, elles sont mieux représentées dans l'hémisphère boréal que dans la zone intertropicale ou dans l'hémisphère austral. C'est de diverses régions de l'hémisphère boréal et, surtout, de l'Eurasie que sont originaires les Rosaceae les plus utiles à l'homme.

Appareil végétatif

Les formes végétatives des membres de la famille sont extrêmement variées : on observe des arbres persistants ou caducs (Pyrus, Prunus, Malus, Sorbus, etc.), des arbustes (Spiraea), parfois sarmenteux (Rosa, Rubus), des herbes vivaces (Geum), parfois stolonifères (Fragaria), plus rarement des annuelles (quelques Alchemilla) : soit la série complète des types biologiques, depuis les arbres de première grandeur jusqu'aux petites herbes éphémères. Les plantes grimpantes sont rares, mais seules les plantes aquatiques manquent réellement.

Les membres ligneux de la famille ont fréquemment une reproduction asexuée : elle se fait grâce à des drageons, comme chez Rubus, ou grâce à des stolons (Fragaria). Souvent, des poils épidermiques, massifs et lignifiés, sont transformés en aiguillons crochus et piquants (Rosa, Rubus). Cette nature épidermique est facilement vérifiable : les aiguillons se détachent facilement de la tige, en entraînant avec eux des lambeaux de l'épiderme.

feuilles des Rosaceae Fig. 1 : Evolution de la feuille chez les Rosaceae



Les feuilles sont toujours alternes, très exceptionnellement opposées (Rhodotypos), et stipulées. Primitivement, elles sont composées, imparipennées avec des folioles dentées, parfois alternativement grandes et petites (Agrimonia...). Puis, deux évolutions sont possibles : confluence des folioles entre elles, ce qui s'observe bien chez les sorbiers (Sorbus), où l'on assiste à cette transformation d'espèce en espèce, parfois même au sein d'une même espèce ; ou réduction à trois folioles (Fragaria) ou même à une seule (Prunus...). Par sur-évolution, des folioles de troisième et quatrième ordre peuvent naître sur les deux folioles latérales, conduisant à une disposition digitée (Potentilla) qui peut d'ailleurs devenir ultérieurement gamofoliée (Alchemilla).

Le limbe a des marges fréquemment dentées à lobées, très rarement entières. Les stipules, intrapétiolaires, sont parfois très réduites, et difficiles à détecter, et absentes chez les genres Exochorda, Spiraea et affines. Mais plus fréquemment, ils sont bien visibles, parfois soudés au pétiole, persistants ou caducs. Des glandes sont souvent présentes par paires au sommet du pétiole.

Anatomie

Les caractères anatomiques sont variables et assez peu différenciés. On trouve un periderme superficiel ou profond, des fibres péricycliques en amas distincts ou continu, des macles ou des prismes d'oxalate de calcium. La structure du bois n'est pas spécialisée, et les vaisseaux sont à perforation unique. Les stomates sont dépourvues de cellules annexes. Souvent, il y a des poils tecteurs et sécréteurs, parfois des cellules à tanin, à paroi épaissie et ponctuée, disposées en réseau dans la moelle (Rosa, Rubus). Parfois également, il peut y avoir un appareil sécréteur à gomme ou à mucilage : cellules à mucilage dans l'épiderme des feuilles et dans l'écorce de la nervure et de rameaux (Eriobotrya) ; poches et canaux lysigènes dans l'écorce et le bois (gommose des Pruneae).

Reproduction

Les fleurs sont hermaphrodites et, sauf chez quelques genres tropicaux, actinomorphes, solitaires ou en racèmes, en corymbes, en ombelles ou en cymes paniculées axillaires ou terminaux.

Elles sont construites suivant des modes architecturaux propres à la famille, mais dont les tendances évolutives sont les mêmes que dans tous les grands ordres d'Angiospermes. Dans le type fondamental primitif, de beaucoup le plus répandu, la fleur comprend, de l'extérieur vers le centre : 

- Un périanthe cyclique, double (calice, corolle) ou triple (calicule, calice, corolle), formé de 5 ou 10 sépales libres, imbriqués, généralement verts ou verdâtres, et de 5 pétales, libres et imbriqués, parfois absents. L'origine quinconciale du calice est bien visible chez certains Rosa : la présence de barbules montre qu'il y a eu sépalisation des bractées. Contrairement au calicule des Malvaceae, dont le nombre de pièces était variable, et qui était expliqué par la sépalisation des bractées les plus proches de la fleur, chez les Rosaceae les sépalules sont toujours en même nombre que les sépales. L'origine de ce calicule est stipulaire : les 10 stipules des sépales se soudent deux à deux.

- Un androcée cyclique constitué de 2-5 verticilles de 5 étamines libres chacun. Souvent au nombre de 20, les étamines peuvent être bien plus nombreuses (Rosa, Prunus), par surevolution, dans de nombreux autres cas, ou, et c'est la tendance normale de l'évolution, se réduire à 5-15 (Agrimonia...). Les anthères sont dorsifixes, généralement versatiles, à dehiscence longitudinale ou poricide, introrse ou plus rarement latrorse (Potentilla), bliculaires ou plus rarement uniloculaires (Alchemilla).

- Un gynécée cyclique, rarement acyclique, composé d'un nombre très variable de carpelles libres (3-5-8 chez Spiraea, quelques dizaines, 10-50, chez Rosa et Rubus, et en nombre indéfini chez Fragaria et Geum). Mais, chez les Prunus et autres genres donnant des drupes, ou chez les genres à fleurs très réduites (Alchemilla, le gynécée ne comprend qu'un seul carpelle libre, ce qui est un caractère archaïque. Il y a 2 ovules anatropes par carpelles.

- Un réceptacle différencié, marque commune de toutes les fleurs de Rosaceae ; ce réceptacle forme soit un plateau portant, en son centre, une protubérance (Potentilla, Rubus, Fragaria...), soit une coupe, une urne, un tube (Spirea, Rosa, Pyrus....). Les étamines et les pièces périanthaires sont insérées sur le bord du réceptacle, tandis que les carpelles sont disposés sur la protubérance ou à l'intérieur, généralement au fond, de la cupule ou de l'urne. La forme de ce réceptacle floral a une profonde influence sur le nombre et la nature des pièces florales. Ce réceptacle est formé de deux parties : une coupe, ou conceptacle, plus ou moins profonde, formée par la concrescence à leur base des sépales, pétales et des étamines, et d'un gynophore, saillant ou aplati, qui résulte de la différenciation de l'extrémité de l'axe floral et qui porte les carpelles.

fleurs des Rosaceae Fig. 2 : Fleurs des Rosaceae. A et B : Filipendula ulmaria, diagramme et coupe longitudinale; C et D : Rosa sp., diagramme et coupe longitudinale; E : Sorbus, diagramme ; F et G : Rubus sp., diagramme et coupe longitudinale; H : Fragaria vesca, diagramme; I et J : Sanguisorba sp., diagramme et coupe longitudinale; K et L : Alchemilla sp., diagramme et coupe longitudinale; M et N : Mespilus germanicus, diagramme et coupe longitudinale; O et P : Cydonia oblongua, diagramme et coupe longitudinale; Q : Pyrus commuunisPrunus persica, diagramme et coupe longitudinale



Des altérations de ce type fondamental se produisent par des simplifications ou des complications dans quelques genres. Par des simplifications, le périanthe se réduit à un seul verticille de 4 sépales, par avortement des pétales (Alchemilla, Sanguisorbia) ; exceptionnellement, à l'avortement des pétales s'ajoute celui d'une partie de l'androcée (1-2 étamines seulement chez les Aphanes) ou de tout l'androcée, ou de tout le gynécée (fleurs unisexuées Aruncus dioïques).

Les fleurs doubles sont fréquentes chez les cultivars (Kerria, Prunus, Rosa...). Dans ce cas, les nombreuses étamines et parfois également les styles sont remplacés par des organes pétaloïdes. Dans certains cas extrêmes, le centre de la fleur est vert, là où les carpelles ont été ont été transformés en appendices foliacés. Dans de tels cas, la fleur est généralement stérile. La gamme de couleur est vaste, excepté le bleu qui est presque totalement absent.

Les carpelles sont primitivement au nombre de 5 et sont multi-ovulés, mais le réceptacle floral, soit en se creusant, soit en continuant d'augmenter de diamètre par suite de la saillie du gynophore entraîne une augmentation du nombre des étamines et surtout du nombre des carpelles, qui occupent toute la place offerte à l'androcée et au gynécée. Parallèlement à l'augmentation de leur nombre, les carpelles deviennent pauciovulés. Dans le cas où il y a deux ovules, un seul est fertile. de plus, par surevolution, chez quelques groupes, les carpelles peuvent prendre une forme très courte, ramassée, dite à style gynobasique (Fragaria) ; ou se souder à la coupe florale, réalisant une infère ovarie : les carpelles, alors peu nombreux, au nombre de 5 en général, deviennent plus ou moins concrescents entre eux : chez Prunus, les styles sont soudés, alors qu'ils sont encore libres chez Pyrus.

Enfin, tout un ensemble espèces est caractérisé par la tendance au groupement des fleurs en grappes ou épis très serrés, simulant parfois des capitules (Agrimonia, Sanguisorbia...). Ce phénomène s'accompagne alors de la réduction des étamines, réduites à 15, 10, 5, voire à une seule, et des carpelles, réduits à deux ou un. Ainsi constituée, la fleur des Rosaceae rappelle celle des Ranunculaceae, où les étamines sont nombreuses et les carpelles indépendants et nombreux, mais ici, étamines et carpelles ne sont jamais insérés sur une spirale, mais toujours sur des verticilles, et le nombre élevé des carpelles ne doit pas être considéré ici comme primitif, mais résultant des transformations de la coupe florale. C'est pour cela qu'il est assez difficile, pour un oeil débutant, de reconnaître les fleurs des Potentilla par rapport à celles des Ranunculus.

Les fleurs des Rosaceae sont parmi les plus simples et les moins spécialisées pour la pollinisation, mais l'abondante production de pollen attire beaucoup d'insectes de toutes sortes. Certains genres comme Rosa produisent uniquement du pollen, mais la plupart sécrètent également du nectar à partir d'un disque entourant les carpelles. Ce disque est nu (Rubus) ou plus ou moins dissimulé par les filets des étamines (Geum). Les fleurs sont généralement protandres et l'autocompatibilité est exceptionnelle. Plusieurs genres n'ont pas un cycle de reproduction normal. Chez certaines espèces de Rosa, la moitié des chromosomes, ou plus, ne sont pas par paires et sont donc inutiles pour la formation des gamètes. Alchemilla, Sorbus et Rubus présentent des caractères d'apomixie. Chez les genres Acaena et Poterium, la pollinisation est anémophile : les fleurs sont très réduites, en partie unisexuées, sans pétales ni nectar, et regroupées en capitules ou en épis.

La nature du fruit dépend étroitement de la structure du réceptacle floral. Si le réceptacle est plan ou très légèrement concave, la coupe n'est pas encore marquée et le gynophore est très réduit : il n'y a de place que pour 5 carpelles, ceux-ci sont multiovulés et les fruits qui en résultent, pluriseminés, ont une déhiscence ventrale : ce sont des follicules (Quillaja). Mais, chez des espèces voisines, il s'y adjoint une ouverture dorsale : on a alors 5 gousses analogues à celles que l'on rencontre chez les Fabales. Chez les Spirea, les carpelles deviennent pauciovulés : les fruits, indéhiscents et tordus sur eux mêmes contiennent deux graines, ce sont presque des akènes. On observe ainsi une augmentation du nombre des carpelles compensant la diminution du nombre de graines. Cette évolution se confirme chez les autres groupes où les carpelles, toujours pauciovulés, ne comprennent qu'un ou deux ovules, le second avortant presque toujours.

fruits des Rosaceae Fig. 3 : Evolution du fruit chez les Rosaceae



Le fruit est un akène ou une drupe, suivant qu'il est sec ou charnu. Là encore, alors que se restreint la quantité d'ovules par carpelle, le nombre des carpelles s'accroît généralement. Ceci est rendu possible par l'augmentation de la surface fournie au gynécée, soit par bombement du réceptacle, soit par creusement du réceptacle en conceptacle.

Ainsi :
- si le gynophore est saillant, les fruits sont des akènes (Potentilla, Geum, Fragaria où le gynophore devient charnu et comestible, donnant un fruit multiple, la fraise) ou des drupéoles (Rubus, comme le framboisier par exemple, ici le gynophore reste sec et c'est l'ensemble des drupéoles, plus ou moins concrescentes, qui sont comestibles) ;
- si le gynophore est réduit, et tapisse une coupe profonde formée par le creusement du réceptacle, les fruits sont des akènes (poilus et très nombreux chez Rosa où le réceptacle devient charnu, l'ensemble formant un cynorhodon, peu nombreux chez Agrimonia, Sanguisorbia...) ou des drupes, fruits volumineux à maturité et où le nombre de carpelles est réduit (Prunus, Amygdalus, Pyrus, etc.). Chez Pyrus et Malus, les 5 drupes proviennent de 5 carpelles plus ou moins soudés latéralement et concrescents au réceptacle ; elles sont donc, elles aussi, soudées entre elles et avec le réceptacle : la partie comestible des pommes et des poires est formée par la partie externe et charnue des drupes, et par le conceptacle devenu également succulent. Au sommet de ces fruits, on rencontre parfois les restes fanés des sépales, pétales et étamines. les noyaux sont rarement ligneux (Mespilus...), mais, généralement, simplement parcheminés et les parties les plus dures du fruit correspondent aux téguments des graines appelées ici communément pépins. Chez les Prunus, et, de façon générale chez les Rosaceae à noyau, la fleur ne comporte qu'un seul carpelle. La coupe florale devient caduque, elle est sans utilité ici où plusieurs carpelles ne sont pas à réunir. La drupe est nue à maturité et, au sommet du fruit, on ne trouve pas les restes fanés de la fleur, mais simplement la trace de l'insertion du style. La dépression longitudinale de ces fruits correspond à la ligne de suture du carpelle. La drupe à maturité est très peu charnue (Amygdalus).

Les graines, parfois ailées, sont généralement exalbuminées.

Classification et phylogénie

Les Rosaceae ont parfois été incluses dans le même ordre que les Fabales, à cause notamment de leurs feuilles stipulées et de leurs graines exalbuminées ; ces deux caractères rapprochent ces deux entités. Mais les deux taxons sont cependant séparées par de nettes différences. La pièce périanthaire adossée à l'axe est un sépale chez les Rosaceae, comme chez la plupart des Magnoliidae, et un pétale chez les Fabales. Les pistils des Rosaceae sont extrêmement divers, alors que celui des Fabales, unicarpellé, est construit sur un plan unique ; même chez les Rosaceae à pistil unicarpellé, celui-ci est symétrique non par rapport au plan floral comme chez les Fagales, mais par rapport à un plan oblique, et le fruit auquel il donne naissance après la fécondation n'est jamais un légume.

Les fossiles montrent que les Rosaceae sont parmi les plus anciennes Magnoliidae, et leur structure végétale suppose qu'elles sont parmi les plus primitives. Hutchinson considère la famille comme descendante des Magnoliidae ligneuses, et sur une ligne commune d'évolution menant à des ordres plus spécialisés (Fabales, Apiales...).

Les conformations des carpelles et du réceptacle et, surtout, ce qu'il advient de ces organes après la fécondation sont donc d'une remarquable diversité et permettent de distinguer, au sein de la famille, un certain nombre de sous-familles et de tribus.

La sous famille des Spiraeoideae (environ 22 genres et 260 espèces, des régions tempérées mais non arctiques de l'hemisphère nord, et s'etendant usque dans l'hesmisphère sud, en Indonésie et en Amérique du sud) se caractérise par des fleurs à 2-5 carpelles, rarement 1 ou jusqu'à 12, verticillées, peu fréquemment enfoncés dans le réceptacle ou sur un gynophore avec 2 ou plusieurs ovules. Le fruit est généralement déhiscent. On dénombre 3 tribus :
- les Spireae ont 3-8 carpelles verticillés, libres, donnent naissance à un fruit sec, folliculaire, chaque carpelle s'ouvre suivant sa suture ventrale, contenu dans la cupule réceptaculaire sèche, à peine accrescente, les graines sont non ailées et les stipules sont presque tout à fait absentes : Aruncus, Gillenia, Physocarpus, Sibiraea, Sorbaria, Spiraea, Stephanandra ;
- les Exochordeae ont des capsules aux graines ailées : Exochorda ;
- les Holodisceae ont des fruits indéhiscents : Holodiscus.

La sous-famille des Rosoideae (environ 35 genres et 1500 espèces, presque cosmopolite) se caractérise par des fleurs aux carpelles nombreux, rarement peu nombreux, sur un gynophore généralement convexe ou conique, quelquefois entouré par un réceptacle creux et persistant. Chaque carpelle contient 1-2 ovules, et le fruit est toujours indéhiscent. Il y a 6 tribus :
- les Ulmarieae ont un réceptacle plat ou légèrement concave, des filets en forme de massue rapidement caducs. Les représentants de cette tribu ont des fruits qui sont des achènes contenus dans un réceptacle sec et peu fermé : Filipendula, Ulmaria ;
- les Kerrieae ont un réceptacle plat ou convexe, des carpelles peu nombreux, verticillés, des étamines nombreuses, larges à la base et se rétrécissent vers le haut : Kerria, Rhodotypos ;
- les Potentilleae proches des Kerrieae, mais le réceptacle floral forme un large plateau avec un gynophore saillant. Les fruits sont des drupéoles ou des achènes : Dryas, Fragaria, Geum, Potentilla, Rubus ;
- les Cercocarpeae ont un réceptacle cylindrique, entourant un carpelle : Cercocarpus ;
- les Sanguisorbeae sont des herbes aux fleurs dégradées, souvent sans pétales, fréquemment unisexuées, aux étamines réduites à 5, quelquefois à 1, aux carpelles uniovulés peu nombreux. Comme chez les Roseae, les achènes sont enveloppés dans le réceptacle floral. L'accrescence du réceptacle après la fécondation transforme celui-ci en un organe dur, anguleux ou hérissé de crochets, enveloppant complètement un akène, l'autre, s'il existe, est généralement avorté ; chacun connaît le faux-fruit des aigremoines, que les animaux et l'homme transportent accroché à la fourrure ou aux vêtements (zoo-anthropochorie) : Acaena, Agrimonia, Alchemilla, Poterium, Sanguisorbia ;
- les Roseae ont une réceptacle floral profondément creusé, les fruits sont des akènes enfermés dans le cynorhodon, un faux fruit ou pseudocarpe : Hulthemia, Rosa.

La sous-famille des Prunoideae (environ 10 genres et 400 espèces de l'hemisphère nord, d'Afrique, des îles du Pacifique et du nord-esr de l'Australie) possède des fleurs à 1 carpelle, rarement 2-5, libres, avec des styles terminaux et des ovules pendants. Le fruit est une drupe : Prunus, Amygdalus...

La sous famille des Maloideae (entre 20 et 28 genre et 900-1100 espèces) possède des fleurs à 2-5 carpelles, généralement soudés à la paroi interne du réceptacle concave qui s'élargit avec le calice pour entourer les fruits pomacés : Amelanchier, Aronia, Chaenomeles, Cotoneaster, Crataegus, Cydonia, Eriobotrya, Malus, Mespilus, Photinia, Pyracantha, Pyrus, Quillaja, Raphiolepis, Sorbus, Stranvaesia...

Parmi ces sous-familles, on peut distinguer deux groupes : les Maloideae au nombre chromosomique de base 17 et les autres, de nombre chromosomique basé sur 7, 8 ou 9. Des problèmes taxonomiques se posent à chaque niveaux hiérarchiques chez les Rosaceae, et les contreverses durent depuis longtemps. Les genres tropicaux montrent une plus grande diversité dans la structure florale et du fruit que les genres des régions tempérées, et comportent des caractères évolués (fleurs irrégulières, apétales, synandrie, monoécie...). Il n'est pas surprenant que les sous-familles et la plupart des tribus aient été à un moment ou à un autre séparées des Rosaceae en tant que familles distinctes : Hutchinson mentionne 26 familles dans ce cas. Chez les sous-familles, les Spiraeoideae semblent être les moins spécialisées d'un point de vue morphologique. Par contraste, la sous-famille bien définie des Maloideae reste à l'écart des autres avec son fruit pomacé et un nombre chromosomique basé sur 17. Certains botanistes lui donnent le statut de famille : les Malaceae. Au niveau du genre, la controverse tourne plus spécialement autour de ceux dont l'intérêt économique est majeur. Leur étude approfondie a permis la découverte de caractères taxonomiques plus nombreux et plus fins, mais quant à savoir si la pomme et la poire devraient ou non avoir le même nom de genre, aucune solution n'a été trouvée depuis deux siècles ! Les problèmes les plus importants concernent les genres pour lesquels la reproduction asexuée ou subsexuée est la norme. Ceux-ci n'ayant pas des populations disjointes types dans la nature, les taxinomistes sont de plusieurs avis quant à la façon de les traiter. L'espèce unique Rubus fructicosus de Linné a ainsi été séparée en plusieurs centaines de microespeces par certains.

Intérets

La plupart des arbustes et arbres fruitiers de la zone tempérée nord appartiennent à la famille des Rosaceae.

Les pruniers appartiennent à 2 espèces : Prunus insititia (pruniers à fruits sphériques : mirabelles, prunes damas) et Prunus domestica (pruniers à fruits ovoïdes : quetsches, pruneaux, etc.). Les cerisiers sont des pruniers à drupes lisses, sans pruine, et longuement pédonculées : Prunus avium (bigarreau),, le merisier en est la forme sauvage), Prunus cerasus (cerisier aigre, griottier), considéré comme originaire du Sud-Ouest asiatique, était déjà cultivé en Europe par les Romains. Enfin, les pruniers à drupes veloutées sont le pêcher (Prunus persica), l'abricotier (Prunus armeniaca). Le pêcher et l'abricotier, introduits en Europe, celui-là au Ier siècle de notre ère, celui-ci au VIIIe siècle, seraient originaires de Chine.

Chez l'amandier (Amygdalus communis) est comestible non le péricarpe coriace mais le volumineux embryon riche en huile (amande). La patrie de l'amandier serait le Proche-Orient. Les Amygdalus élaborent des hétérosides cyanogénétiques (prulaurasoside, amygdaloside), qu'un complexe enzymatique, l'émulsine, décompose en b-glucose, aldéhyde benzoïque, essence à parfum caractéristique et acide cyanhydrique. Les amandes de certaines races de A. communis contenant de l'amygdaloside servent à la préparation de l'essence d'amandes amères ; seules sont consommées les amandes douces, sans amygdaloside, produites par les races cultivées. Les embryons des autres Prunoïdeae sont plus ou moins riches en amygdaloside.

Les alcools ou liqueurs à base de noyau doivent leur parfum à l'aldéhyde benzoïque. Les genres Pyrus et Malus comprennent le poirier (Pyrus piraster) et le pommier (Malus domestica). Ces deux espèces sont autochtones dans toute l'Europe occidentale, de l'Asie Mineure à l'Europe de l'Ouest ; cultivées depuis très longtemps, elles ont donné naissance à de très nombreuses races améliorées ; des individus sauvages ou, plus souvent, revenus à l'état sauvage subsistent encore, çà et là, dans les bois et les halliers. Le cognassier (Cydonia oblonga) est autochtone en Asie centrale (Iran, Turkestan). Le néflier (Mespilus germanica), originaire de l'Asie Mineure et de l'Europe sud-orientale, depuis très longtemps cultivé, est revenu à l'état sauvage dans de nombreuses régions de l'Europe.

Le genre Rosa (rosiers) est composé d'espèces arbustives, sarmenteuses ou grimpantes, à tiges épineuses. Les très nombreux cultivars de rosiers, sans cesse améliorés et diversifiés, dérivent d'espèces sauvages (églantiers) européennes (Rosa gallica ou roses de Provins), et surtout asiatiques (Rosa fragrans, Rosa chinensis : roses thé d'Asie Mineure, d'Iran et de Chine), hybridées, en tous sens, depuis des siècles. Il est inutile d'insister sur la place des rosiers dans l'horticulture. Les pétales de roses odorantes (Rosa damascena) entrent, en Afrique du Nord et en Orient, dans des préparations de mets parfumés. De ces pétales on peut extraire la précieuse essence de rose, à raison de 4 à 6 tonnes de pétales pour un kilogramme d'essence, riche en géraniol (l'essence de géranium en est une contrefaçon). Les cynorhodons de certaines Rosa sont riches en vitamines C, on en fait parfois des confitures, et fournissent des produits pharmaceutiques astringents.

Au très grand genre Rubus, cosmopolite, appartiennent les ronces, dont le syncarpe, formé de drupéoles succulentes (mûres), est comestible chez certaines espèces. Rubus idaeus est le framboisier, dont l'aire naturelle s'étend sur la majeure partie de l'hémisphère Nord ; de nombreux cultivars ont été sélectionnés à partir des framboisiers sauvages. C'est un genre très complexe où règnent polyploïdie et hybridations.

Le genre Fragaria (fraisiers), comprend une quarantaine d'espèces de l'hémisphère boréal, dont certaines s'étendent, par les Andes, jusqu'au sud du Chili. Les fraises des bois sont produites par des espèces sauvages d'Europe et leurs cultivars améliorés. Les fraisiers à gros réceptacles sont des cultivars provenant de croisements entre Fragaria chiloensis (de l'Alaska au Chili) et Fragaria virginiana (est des États-Unis).

Certaines Rosaceae sont recherchées pour leur bois : celui de Prunus mahaleb, ou bois de Sainte Lucie, sert à confectionner des tuyaux de pipes, celui du Sorbus domestica, très dur, est utilisé pour faire des gravures. L'écorce de Moquila utilis, d'Amazonie, sert à fabriquer des pots résistants à la chaleur. L'écorce du Quillaja saponaria, arbre d'Amérique du sud, est riche en saponine. C'est le savon dit bois de panama, avec lequel on nettoie les étoffes. La reine des prés (Spiraea ulmaria), aux tissus pourvus de salicylate de méthyle, dont l'odeur est perceptible au froissement, est quelquefois employée dans le traitement des rhumatismes. Les cerises ont des pédoncules diurétiques, les coings sont antidiarrhéiques.

Les genres de la famille

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Acaena
Acomastylis
Adenostoma
Agrimonia
Alchemilla
Amelanchier
Amygdalus
Aphanes
Aronia
Aruncus
Bencomia
Brachycaulos
Cercocarpus
Chaenomeles
Chamaebatia
Chamaebatiaria
Chamaemeles
Chamaerhodos
Cliffortia
Coleogyne
Coluria
Cotoneaster
Crataegus
Cydonia
Dichotomanthes
Docynia
Dryas
Duchesnea
Eriobotrya
Exochorda
Fallugia
Filipendula
Fragaria
Geum
Gillenia
Hagenia
Hesperomeles
Heteromeles
Holodiscus
Horkelia
Horkeliella
Ivesia
Kageneckia
Kelseya
Kerria
Leucosidea
Lindleya
Luetkea
Lyonothamnus
Maddenia
Malacomeles
Malus
Margyricarpus
Mespilus
Neillia
Neviusia
Oemleria
Osteomeles
Pentactina
Peraphyllum
Petrophytum
Photinia
Physocarpus
Polylepis
Potanina
Potentilla
Prinsepia
Prunus
Pseudocydonia
Purshia
Pyfeum
Pyracantha
Pyrus
Quillaja
Rhaphiolepis
Rhodotypos
Rosa
Rubus
Sanguisorba
Sarcopoterium
Sibbaldia
Sibiraea
Sorbaria
Sorbus
Spenceria
Spiraea
Spiraeanthus
Stephanandra
Stranvaesia
Taihangia
Tetraglochin
Vauquelinia
Waldsteinia
Xerospiraea